Au mois de mai 2024, la municipalité de Carnac a décidé de mettre en sens unique la portion de la route de Pen-er-Lann qui traverse les alignements. Pour justifier cette décision Monsieur le Maire invoque des problèmes de sécurité pour les piétons et les cyclistes aux abords de cette route.
Cette initiative, prise sans aucune concertation préalable, a provoqué un vif mécontentement des habitants des quartiers du Hahon, de Kerlann et de Kerogile. Ceux-ci sont désormais obligés de faire un long détour pour regagner leur domicile lorsqu’ils reviennent du centre-ville ou de Carnac-Plage.

les riverains des villages de Kerlann, Pen er Lann et kerogile se sont rassemblés pour protester
Un rassemblement de protestation a eu lieu à l’étang de Kerlann le 31 août et une association a été constituée pour chercher des solutions alternatives. Il a notamment été proposé la réalisation d’un platelage d’un côté de la voie sur l’emprise des alignements. Cela assurerait la sécurité des piétons et permettrait de rétablir le double sens de circulation. C’est cette solution qui a été adoptée pour sécuriser la circulation des piétons le long des alignements du secteur de Kermario. Elle a été présentée à la municipalité par les membres de l’association le 7 novembre dernier. Les autorités communales ont refusé de mettre en œuvre cette proposition en prenant appui sur le refus du Centre des Monuments Nationaux (CMN) qui gère ces terrains appartenant à l’Etat.

Un platelage a bien été construit dans les alignements de Kermario
Dans sa réponse, rapportée par Ouest-France, l’administrateur du CMN, Olivier Agogué, a rejeté cette proposition indiquant que « Cela impliquerait de couper encore plus visiblement la perception des alignements, en implantant ce plateau hors sol entre des files de pierres ce qui n’est pas envisageable à cet emplacement.» Il précise même « Il faut considérer que cette route ne devrait pas exister. Réalisée au mépris de l’intégrité du monument historique, site archéologique unique au monde, elle traverse le site protégé et le coupe arbitrairement… ». Il définit ensuite sa vision d’ensemble de l’aménagement du site mégalithique : « L’objectif du travail progressif d’amélioration de la mise en valeur du monument est de réduire les impacts esthétiques modernes et de restituer les continuités qui permettent la compréhension de l’immensité sans équivalent de cette construction préhistorique »
Cette déclaration du représentant de l’Etat est extrêmement inquiétante. Elle affirme la volonté de l’Etat de réunifier progressivement l’ensemble du site mégalithique, du Ménec jusqu’à Kerlescan, ce qui suppose de couper les deux seules routes qui traversent les alignements : la route de Pen-er-Lann et la RD 119 dite route du purgatoire. La mise en sens unique cette partie de la route de Pen-er-Lann apparaît comme un premier pas dans la réalisation de cet objectif.
Ce n’est pas la première fois que ce projet revient sur la table. Pour atteindre leur but, les autorités ont tenté d’imposer, à plusieurs reprises la réalisation d’une déviation de la RD 119 qui partirait du Nignol (où un rond-point a été aménagé) et rejoindrait Kergouillard en contournant Kerlann et le village du Ménec. Ce projet est inacceptable car sa mise en œuvre isolerait de nombreux villages de Carnac qui se trouvent au nord des alignements ce qui nuirait gravement au commerce local et, plus généralement, à la vie de toute la commune. Devant l’hostilité de la population carnacoise ces tentatives ont échoué mais il semblerait que ce projet n’ait pas été enterré définitivement par tout le monde. La question est de savoir si sa réalisation est incluse dans le projet de classement du site à l’UNESCO. A suivre…
